Accéder au contenu
Mes Droits InfoMes Droits Info
Droit immobilier

Droits de mutation immobilier : taux, calcul et pièges à éviter

Droits de mutation immobilier : taux légaux 2026, calcul pas-à-pas, exonérations et cas pratique chiffré. Tout ce que l'acheteur doit savoir avant de signer.

Benoît DenisBenoît Denis 14 min de lecture
Droits de mutation immobilier : taux 2026, calcul
Immobilier: les droits de mutation sur le point d'être plus taxés - 17/07

Les droits de mutation immobilier sont un impôt perçu lors du transfert de propriété d'un bien. Pour une vente (mutation à titre onéreux), le taux de droit commun est de 5 % (taxe départementale) + 0,70 % (taxe communale, Décret n°2026-562 du 29 juin 2026), soit 5,70 % du prix. En succession ou donation (mutation à titre gratuit), un abattement de 159 325 € s'applique en ligne directe (art. 779 du CGI).

Les droits de mutation immobilier désignent l'impôt perçu par l'administration fiscale lors de tout transfert de propriété d'un bien immobilier, qu'il s'agisse d'une vente, d'une donation ou d'une succession. Pour un achat dans l'ancien au taux normal, ils s'élèvent à 5,70 % du prix d'acquisition (5 % de taxe départementale + 0,70 % de taxe communale additionnelle, Décret n°2026-562 du 29 juin 2026). Cette somme constitue la part fiscale des frais de notaire, à ne pas confondre avec les émoluments du notaire ni les débours. Avant de signer, connaître la décomposition exacte de ces droits, les exonérations possibles et certains pièges fiscaux évite bien des surprises budgétaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) s'élèvent à 5,70 % du prix pour un immeuble ancien en département au taux normal
  • En succession ou donation (DMTG), l'abattement en ligne directe est de 159 325 € par héritier ou donataire
  • L'acquéreur paie les droits, sauf clause contraire dans l'acte de vente
  • La cession de titres d'une société détenant plus de 50 % d'actifs immobiliers peut être requalifiée et taxée à 5 % (art. 726 CGI)
  • Les droits de mutation ne représentent qu'une partie des frais de notaire : émoluments, débours et formalités s'y ajoutent

Qu'est-ce que le droit de mutation en immobilier ?

Le droit de mutation immobilier est un impôt indirect prélevé à l'occasion du transfert de propriété d'un bien immobilier. Le Code général des impôts (CGI) distingue deux catégories fondamentales, selon que le transfert comporte une contrepartie financière ou non.

La première catégorie, celle qu'un acheteur rencontre systématiquement, concerne les mutations à titre onéreux : une somme d'argent est versée en échange du bien. La seconde intervient dans le cadre familial : donation ou succession, sans prix de vente. Chacune obéit à des règles de taux et d'abattements spécifiques, qu'il est utile de maîtriser avant toute opération.

Au-delà des ventes immobilières classiques, d'autres actes déclenchent ces droits : adjudication judiciaire, vente en viager, échange de biens immeubles (taxés à 5 %, selon Legifrance), ou encore partage de biens successoraux. Le notaire, officier public, calcule, collecte et reverse ces droits au Trésor public lors de la signature de l'acte authentique.

Droits de mutation à titre onéreux (DMTO)

Les droits de mutation à titre onéreux (DMTO) frappent toute cession de propriété immobilière contre un prix : vente classique, adjudication, viager ou échange. Ils se composent de trois strates fiscales.

La taxe départementale de publicité foncière (ou droit d'enregistrement) constitue le socle : son taux de droit commun est de 5 % du prix de vente (art. 1594 A et suivants du CGI, Legifrance). S'y ajoute une taxe communale additionnelle de 0,70 % (Décret n°2026-562 du 29 juin 2026). L'État prélève enfin des frais d'assiette et de recouvrement, soit 2,37 % du montant de la taxe départementale.

Le montant total des DMTO varie selon les délibérations des collectivités : certains départements ont adopté un taux réduit (jusqu'à 1,20 % historiquement pour l'Indre ou le Morbihan, par exemple). L'acquéreur doit se renseigner sur le taux applicable dans le département du bien convoité avant de chiffrer son budget.

Droits de mutation à titre gratuit (DMTG)

Les droits de mutation à titre gratuit (DMTG) s'appliquent aux transmissions sans contrepartie financière : donation entre vifs et succession (art. 777 et suivants du CGI). Contrairement aux DMTO, leur assiette n'est pas un prix stipulé dans un acte, mais la valeur vénale des biens transmis, après application d'abattements légaux.

L'abattement en ligne directe (enfant, parent, ascendant, descendant) est de 159 325 € par héritier ou légataire, renouvelable tous les 15 ans (art. 779 du CGI, Legifrance). Pour une donation entre époux ou partenaires de PACS, l'abattement sur la part du conjoint donateur atteint 80 724 € (art. 790 E du CGI). Ces abattements réduisent l'assiette taxable avant application du barème progressif (de 5 % à 45 % selon le lien de parenté et la valeur transmise).

Un frère ou une sœur bénéficie d'un abattement de 15 932 €, un neveu ou une nièce de 7 967 €. Au-delà de ces abattements, les taux grimpent rapidement : jusqu'à 55 % pour un tiers sans lien de parenté. L'anticipation successorale via donation permet d'optimiser la fiscalité en renouvelant les abattements tous les 15 ans.

Comment calculer les droits de mutation : taux par département et composition

Le calcul des droits de mutation repose sur le prix d'acquisition du bien (hors TVA pour un bien neuf) multiplié par un taux composite dont la décomposition mérite attention.

Pour approfondir, voir honoraires avocat immobilier 2026 : tarifs, forfaits.

La taxe départementale de publicité foncière forme le premier étage. Son taux de droit commun est 5 %, mais les conseils départementaux peuvent voter un taux réduit. La taxe communale additionnelle, fixée à 0,70 % par le Décret n°2026-562 du 29 juin 2026, s'ajoute dans tous les départements, sauf exonération spécifique. L'État prélève enfin 2,37 % du montant de la taxe départementale au titre des frais d'assiette et de recouvrement.

Concrètement, pour un bien ancien au taux normal de 5 %, le taux effectif global atteint 5,80 % environ (5 % + 0,70 % + 0,119 % de frais d'assiette). Les simulateurs en ligne des notaires ou de l'administration fiscale permettent d'affiner ce calcul selon le département du bien. Pour approfondir vos droits en matière de transactions et de baux, consultez notre guide complet sur le droit immobilier.

Tableau des taux des droits de mutation par département : taux normal vs taux réduit

Le taux de la taxe départementale n'est pas uniforme sur le territoire. Chaque conseil départemental peut délibérer pour appliquer un taux réduit, généralement compris entre 1,20 % et 4,50 %, aux mutations d'immeubles anciens.

Voici les deux régimes principaux en vigueur :

  • Taux normal (5 %) : applicable dans la majorité des départements français. C'est le taux de droit commun fixé par l'article 1594 A du CGI.
  • Taux réduit (de 1,20 % à 4,50 %) : adopté par certains départements comme l'Indre, le Morbihan, la Mayenne ou la Haute-Loire. Ce taux s'applique aux ventes d'immeubles anciens à usage d'habitation.

Ces délibérations sont temporaires et révisables. Avant toute acquisition, interroger le notaire sur le taux exact en vigueur dans le département du bien évite une estimation erronée. La taxe communale additionnelle de 0,70 % reste due quel que soit le taux départemental retenu.

La taxe additionnelle de 0,70 % (commune)

La taxe communale additionnelle de 0,70 % (Décret n°2026-562 du 29 juin 2026) s'applique à la quasi-totalité des mutations à titre onéreux d'immeubles. Elle est perçue au profit des communes de situation du bien.

Cette taxe n'est pas due lorsque la mutation bénéficie d'une exonération totale de la taxe départementale. Elle n'est pas non plus perçue sur les cessions de parts de sociétés à prépondérance immobilière soumises au droit de 5 % de l'article 726 du CGI.

La recette de cette taxe est affectée au budget communal, sans fléchage obligatoire. Pour les communes de plus de 5 000 habitants, elle constitue une ressource parfois significative, surtout dans les zones à forte activité immobilière.

Qui paie les droits de mutation immobilière ?

L'acquéreur paie les droits de mutation immobilière. Cette règle, ancrée dans l'article 1593 du Code civil, reste le principe : l'acheteur supporte la charge fiscale de la mutation, sauf convention contraire expressément stipulée dans l'acte de vente.

La pratique montre que cette convention contraire est rarissime. Le vendeur peut certes accepter de prendre en charge tout ou partie des droits, mais cela constitue alors un supplément de prix imposable entre ses mains, ce qui dissuade la plupart des vendeurs d'y consentir.

Deux précisions pratiques : le notaire collecte ces droits pour le compte du Trésor public lors de la signature de l'acte authentique, et la règle s'applique même lorsque la transaction est conclue à l'étranger pour un immeuble situé en France. Le lieu de résidence des parties ou de signature du contrat est indifférent : seul compte le lieu de situation de l'immeuble.

Cas pratique chiffré : quel montant pour un appartement à 250 000 € ?

Prenons un cas concret : un couple achète un appartement ancien de 250 000 € (hors mobilier) dans un département appliquant le taux normal de 5 %. Voici la décomposition des droits, à titre indicatif.

La taxe départementale de publicité foncière s'élève à : 250 000 € × 5 % = 12 500 €. La taxe communale additionnelle (0,70 %) ajoute : 250 000 € × 0,70 % = 1 750 €. Les frais d'assiette et de recouvrement au profit de l'État (2,37 % de la taxe départementale) représentent : 12 500 € × 2,37 % = 296,25 €.

Total des droits de mutation : 14 546,25 €, soit environ 5,82 % du prix d'acquisition. À cette somme s'ajoutent les émoluments du notaire (barème dégressif, art. A444-53 et suivants du Code de commerce) et les débours (frais de publication au fichier immobilier, de cadastre, de géomètre). Le total des frais de notaire avoisinera 7,5 % à 8 % du prix pour un bien ancien. Pour tout litige lié à cette transaction, comment choisir un avocat en droit immobilier vous orientera utilement.

À ce titre, il peut être utile de se renseigner sur le tarif d'un avocat spécialisé en droit immobilier pour anticiper les coûts éventuels liés à une consultation juridique.

Exonérations et cas particuliers : quand le taux est réduit ou nul ?

Plusieurs dispositifs allègent, voire annulent, la charge des droits de mutation. Leur connaissance permet d'optimiser légalement le coût fiscal d'une acquisition ou d'une transmission.

Pour les mutations à titre onéreux :

  • Biens immobiliers neufs : l'acquéreur d'un logement neuf ou en VEFA ne paie pas les DMTO au taux de 5,70 %. Il acquitte la TVA immobilière au taux de 20 % sur le prix, intégrée dans le prix de vente. L'économie apparente est significative mais la comparaison doit intégrer le prix au m², généralement plus élevé dans le neuf.
  • Taux réduit de 2,20 % : applicable à certaines acquisitions de fonds de commerce et assimilés (art. 719 du CGI, Legifrance). Ce taux ne concerne pas les achats immobiliers résidentiels classiques.
  • Primo-accédants : certains départements exonèrent partiellement ou totalement les primo-accédants de la taxe départementale, sous conditions de ressources et d'engagement d'occupation à titre de résidence principale. Ces dispositifs sont strictement locaux et conditionnels.
  • Prolongation de l'exonération de plus-value sur droit de surélévation : la loi de finances pour 2025 a prolongé jusqu'au 31 décembre 2026 l'exonération de la plus-value résultant de la cession d'un droit de surélévation (Actu-Juridique, février 2025).

Dans les faits, l'acquéreur doit vérifier auprès du notaire et de la Direction départementale des Finances publiques si l'un de ces dispositifs s'applique à sa situation. L'erreur classique consiste à supposer qu'un dispositif entendu dans les médias s'applique partout, alors qu'il peut être limité à une zone géographique ou à une catégorie de revenus.

Droits de mutation et succession immobilier : les abattements DMTG

Les DMTG offrent des abattements substantiels en ligne directe : 159 325 € par enfant, renouvelables tous les 15 ans (art. 779 du CGI). Une donation anticipée permet de transmettre progressivement un patrimoine immobilier en consommant ces abattements à chaque période de 15 ans, plutôt que de les subir en une seule fois lors de la succession.

Au-delà de l'abattement, le barème progressif s'applique : 5 % jusqu'à 8 072 €, puis 10 % de 8 072 € à 12 109 €, 15 % de 12 109 € à 15 932 €, 20 % de 15 932 € à 552 324 €, 30 % de 552 324 € à 902 838 €, 40 % de 902 838 € à 1 805 677 €, et 45 % au-delà.

L'abattement entre époux ou partenaires de PACS est de 80 724 € pour les donations entre vifs (art. 790 E du CGI). La transmission au conjoint survivant en succession est, elle, totalement exonérée de droits de mutation depuis la loi TEPA de 2007. Ces mécanismes rendent la planification successorale particulièrement utile pour les patrimoines immobiliers significatifs.

Immobilier neuf vs ancien : une différence de taux importante

L'écart de fiscalité entre l'ancien et le neuf modifie sensiblement le budget d'acquisition. Dans l'ancien, les DMTO représentent environ 5,80 % du prix (taux normal). Dans le neuf, la TVA à 20 % s'applique, mais elle est incluse dans le prix affiché : l'acquéreur ne la paie pas en sus, contrairement aux DMTO qui s'ajoutent au prix.

Un bien neuf à 300 000 € TTC inclut déjà 50 000 € de TVA. Un bien ancien à 300 000 € génère environ 17 400 € de DMTO, payés en plus du prix. La différence de trésorerie immédiate est donc sensible.

Cette comparaison doit toutefois intégrer deux réalités : le prix au m² du neuf est généralement supérieur, et les frais de notaire (émoluments) sont réduits dans le neuf (environ 2 % à 3 % du prix contre 7 % à 8 % dans l'ancien). L'arbitrage ne se limite pas au seul taux facial des droits de mutation.

L'erreur courante à éviter : confondre DMTO et frais de notaire

Confondre droits de mutation et frais de notaire constitue l'une des méprises les plus fréquentes chez les acquéreurs. Les droits de mutation ne sont qu'une composante, certes majoritaire, des frais de notaire. Ces derniers englobent aussi les émoluments du notaire (rémunération réglementée, barème dégressif selon le prix), les débours (frais de publication au fichier immobilier, de cadastre, de géomètre, de syndic) et les frais de formalités.

La conséquence pratique est directe : un acheteur qui raisonne uniquement sur les 5,70 % de droits de mutation sous-estime son budget global de 2 à 3 points de pourcentage. Pour un bien à 300 000 €, cela représente une différence de 6 000 € à 9 000 € non anticipée, pouvant compromettre le plan de financement.

Un second piège, plus technique, guette les investisseurs : la requalification fiscale des cessions de titres de sociétés à prépondérance immobilière. L'article 726, I, 1° du CGI soumet au droit de 5 % les cessions de parts ou actions de sociétés non cotées dont l'actif est composé à plus de 50 % d'immeubles sis en France (Village de la Justice, 22 juin 2026). Cette disposition, renforcée par la loi n°2026-534 du 25 juin 2026, empêche de contourner les DMTO en vendant les parts de la SCI détentrice plutôt que l'immeuble directement. Le montage peut être fiscalement neutralisé. En cas de doute sur la structuration d'une acquisition, faire appel à un avocat spécialisé en droit immobilier sécurise l'opération.

Fiche pratique

Articles de loi clésArt. 1594 A à 1594 J du CGI (DMTO) ; Art. 726, I, 1° du CGI (cessions de titres à prépondérance immobilière) ; Art. 777 à 791 ter du CGI (DMTG, tarifs et abattements) ; Décret n°2026-562 du 29 juin 2026 (taxe additionnelle communale)
Taux DMTO (immeubles anciens)5 % (taxe départementale) + 0,70 % (taxe communale) = 5,70 % total
Taux DMTO réduit2,20 % pour certaines acquisitions de fonds de commerce et assimilés (art. 719 CGI)
Abattements DMTG principaux159 325 € en ligne directe (enfant, parent) ; 80 724 € sur la part du conjoint donateur (donation entre vifs)
Qui paie ?L'acquéreur (acheteur), sauf convention contraire
Seuil de prépondérance immobilièrePlus de 50 % d'actif immobilier → droit de 5 % sur cessions de titres (art. 726 CGI)
Juridiction compétente en cas de litigeTribunal judiciaire (litiges civils supérieurs à 10 000 €) ; Tribunal de proximité (litiges inférieurs à 10 000 €)
Contact officielDirection générale des Finances publiques (DGFiP) : www.impots.gouv.fr

Sources

Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.

Questions fréquentes

Quel est le montant des frais de mutation ?

Les droits de mutation s'élèvent généralement à 5 % du prix d'acquisition (taxe départementale de publicité foncière), auxquels s'ajoute une taxe communale additionnelle de 0,70 % (Décret n°2026-562 du 29 juin 2026), soit un total de 5,70 % pour les immeubles anciens dans les départements au taux normal. Ce montant ne représente qu'une partie des frais de notaire, qui incluent aussi les émoluments et les débours.

Qui paie les droits de mutation immobilière ?

L'acquéreur (acheteur) paie les droits de mutation, sauf convention contraire entre les parties (art. 1593 du Code civil). Cette règle s'applique même lorsque la transaction porte sur un immeuble situé en France mais conclue à l'étranger. En pratique, le notaire collecte ces droits pour le compte du Trésor public lors de la signature de l'acte authentique.

Comment calculer des droits de mutation ?

Le calcul repose sur le prix d'acquisition hors TVA, multiplié par le taux départemental (5 % en taux normal, ou taux réduit selon les délibérations locales). On ajoute la taxe communale additionnelle de 0,70 %, puis le prélèvement pour frais d'assiette et de recouvrement de l'État (2,37 % du montant de la taxe départementale). Exemple : pour un bien de 250 000 € en taux normal, les droits s'élèvent à environ 14 306 €.

Qu'est-ce qu'un droit de mutation en immobilier ?

Le droit de mutation est un impôt perçu par l'administration fiscale lors du transfert de propriété d'un bien immobilier, à titre onéreux (vente, adjudication, viager) ou à titre gratuit (donation, succession). Il se décompose en une taxe départementale de publicité foncière ou droit d'enregistrement, une taxe communale additionnelle et un prélèvement pour frais d'assiette au profit de l'État.