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Santé-travail 72 : vos droits dans la Sarthe

Santé-travail 72 : tout savoir sur vos droits, les visites médicales et les services compétents dans la Sarthe. Guide pratique 2026 pour salariés et employeurs.

Écrit par La rédaction 9 min de lecture
Santé-travail 72 : vos droits dans la Sarthe

La santé-travail 72 couvre l'ensemble des services et droits en matière de prévention des risques professionnels et de surveillance médicale des salariés en Sarthe. Tout employeur du département est tenu d'adhérer à un service de santé au travail interentreprises (SSTI) : c'est l'article L. 4622-1 et suivants du Code du travail qui l'impose, sans dérogation possible. Ce guide détaille concrètement le fonctionnement du dispositif, les visites médicales obligatoires et les recours en cas de litige. Pour toute situation personnelle, consultez un avocat spécialisé en droit du travail.

Ce qu'il faut retenir

  • Tout employeur dans la Sarthe doit affilier ses salariés à un service de santé au travail interentreprises (art. L. 4622-1 du Code du travail), sous peine de sanctions pénales.
  • La visite d'information et de prévention (VIP) doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste pour la majorité des salariés (art. R. 4624-10 du Code du travail).
  • Le médecin du travail est le seul habilité à déclarer un salarié inapte à son poste, après deux examens médicaux espacés d'au moins 15 jours (art. L. 4624-4 du Code du travail).
  • Un salarié déclaré inapte bénéficie d'un droit au reclassement avant tout licenciement, sauf si l'inaptitude est d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle).
  • En cas de désaccord avec les conclusions du médecin du travail, le salarié ou l'employeur peut saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 15 jours (art. L. 4624-7 du Code du travail).

Qu'est-ce que la santé-travail 72 et qui en est responsable

Dans la Sarthe, le principal opérateur est le SISTM (Service Interentreprises de Santé au Travail de la Sarthe et de la Mayenne), dont le siège est au Mans. Il assure le suivi médical de plusieurs dizaines de milliers de salariés sarthois.

Adhérer à ce type de service n'a rien d'optionnel. L'article L. 4622-1 du Code du travail est clair : dès le premier salarié, l'employeur doit s'organiser en conséquence. Ignorer cette obligation expose à une contravention de 5e classe : soit une amende pouvant atteindre 1 500 euros par salarié non suivi (art. R. 4745-1 du Code du travail). Et franchement, peu d'employeurs le savent jusqu'au premier contrôle.

Les missions de ces services dépassent largement le simple rendez-vous médical annuel. On y trouve : l'analyse des risques sur le lieu de travail, le conseil en ergonomie, la prévention des risques psychosociaux (RPS). Dans les entreprises de plus de 50 salariés, ils participent aussi aux CSSCT (commissions santé, sécurité et conditions de travail). Pour comprendre comment s'organise la surveillance médicale à l'échelle territoriale, consultez notre guide sur la santé du travail 72.

Les visites médicales obligatoires pour les salariés sarthois

Le cadre réglementaire des visites médicales a été structuré par la loi Travail de 2016 et ses décrets, codifiés aux articles R. 4624-10 et suivants du Code du travail.

La visite d'information et de prévention (VIP) est le rendez-vous de base pour la plupart des salariés. Elle doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste. Un médecin du travail, un interne ou un infirmier habilité peut la conduire. L'objectif : faire le point sur les conditions de travail, repérer les risques, orienter si nécessaire.

Autre chose pour les salariés exposés à des dangers spécifiques : amiante, agents chimiques, travail en hauteur, port de charges lourdes. Ces profils relèvent du suivi individuel renforcé (SIR) : la visite est alors obligatoirement assurée par le médecin du travail lui-même, dans les 30 jours suivant l'embauche (art. R. 4624-17 du Code du travail). La périodicité des visites ultérieures est fixée par le médecin, sans pouvoir dépasser 4 ans.

La visite de reprise, elle, s'impose après une maladie professionnelle, après une absence d'au moins 30 jours pour accident du travail, ou d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel. C'est à l'employeur de la déclencher : pas au salarié : dans les 8 jours suivant le retour.

Inaptitude et reclassement : la procédure étape par étape

Parmi toutes les décisions que peut rendre un médecin du travail, l'inaptitude est sans doute la plus lourde de conséquences. Seul le médecin du travail peut la prononcer, après au moins un examen médical du salarié et une étude de poste (art. L. 4624-4 du Code du travail). Depuis la loi du 8 août 2016, une seule visite suffit si le médecin juge qu'un second passage ne changerait rien au diagnostic.

Une fois l'avis rendu, l'employeur a un mois pour proposer un reclassement compatible avec les restrictions médicales : ou engager un licenciement si le reclassement est impossible ou refusé (art. L. 1226-2 et L. 1226-10 du Code du travail). Passé ce mois sans reprise du salaire ni licenciement, le salarié peut exiger le paiement de sa rémunération.

Quand l'inaptitude est d'origine professionnelle (accident du travail ou maladie professionnelle reconnue), les règles se durcissent encore. Le licenciement ouvre droit à une indemnité spéciale équivalente au double de l'indemnité légale (art. L. 1226-14 du Code du travail). La Cour de cassation l'a rappelé dans plusieurs arrêts récents, notamment sur les manquements à l'obligation de reclassement.

Prenons un exemple concret : un cariste sarthois dont le dos a été abîmé de façon permanente lors d'un accident du travail, déclaré inapte à son poste habituel. Son employeur doit lui proposer tout poste disponible compatible avec ses restrictions : y compris dans d'autres établissements du groupe.

Risques psychosociaux et harcèlement : les recours disponibles dans la Sarthe

Les risques psychosociaux (RPS) occupent une place de plus en plus importante dans l'activité des services de santé-travail 72. Burn-out, harcèlement moral, stress chronique : le médecin du travail peut formuler des recommandations à l'employeur et, si nécessaire, alerter l'inspection du travail.

Le harcèlement moral est défini par l'article L. 1152-1 du Code du travail : des agissements répétés qui dégradent les conditions de travail au point de porter atteinte aux droits et à la dignité du salarié, d'altérer sa santé physique ou mentale, ou de compromettre son avenir professionnel. L'employeur a une obligation de prévention au titre de l'article L. 4121-1 du Code du travail : et doit agir dès qu'il a connaissance de faits de harcèlement, sous peine d'engager sa responsabilité civile.

Dans la Sarthe, l'Inspection du travail de la Dreets Pays de la Loire (unité départementale de la Sarthe) reçoit les signalements. Les salariés peuvent aussi saisir le Défenseur des droits en cas de discrimination liée à leur état de santé. La Cour de cassation a tranché clairement dans un arrêt du 7 février 2024 (Cass. soc., n° 22-15.842) : la seule méconnaissance de l'obligation de prévention suffit à engager la responsabilité de l'employeur, sans qu'il soit nécessaire de démontrer un préjudice supplémentaire.

Pour les salariés de la région, les pratiques du SSTRN service de santé au travail de la région nantaise peuvent servir de point de comparaison interrégional utile.

Accidents du travail et maladies professionnelles : déclaration et indemnisation

Tout accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail, quelle qu'en soit la cause, est un accident du travail au sens de l'article L. 411-1 du Code de la sécurité sociale. L'employeur dispose de 48 heures pour le déclarer à la CPAM de la Sarthe (dimanches et jours fériés non compris). Le salarié, lui, doit prévenir son employeur dans les 24 heures.

L'indemnisation couvre les soins médicaux à 100 % et des indemnités journalières calculées sur le salaire de référence. En cas d'incapacité permanente partielle (IPP), une rente est versée proportionnellement au taux fixé par le médecin-conseil de la CPAM. Si ce taux dépasse 10 %, la rente est versée trimestriellement à vie.

Les maladies professionnelles obéissent à un régime distinct. Elles doivent figurer dans un tableau annexé au Code de la sécurité sociale : ou être reconnues par le Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) si elles n'y figurent pas. La déclaration revient au salarié ou à ses ayants droit, dans un délai de 15 jours à compter de la cessation du travail ou de la constatation médicale.

Et si l'employeur a commis une faute inexcusable : autrement dit, un manquement à son obligation de sécurité alors qu'il avait ou aurait dû avoir conscience du danger : le salarié peut obtenir une majoration de sa rente et la réparation de ses préjudices personnels (art. L. 452-1 du Code de la sécurité sociale). Le conseil de prud'hommes du Mans est territorialement compétent pour ces litiges en Sarthe.

Contestation des avis médicaux et voies de recours

Salarié ou employeur en désaccord avec un avis d'aptitude ou d'inaptitude ? Un recours existe. L'article L. 4624-7 du Code du travail le prévoit expressément : saisir le conseil de prud'hommes en référé, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'avis médical.

Le conseil peut désigner un médecin-expert inscrit sur la liste des experts judiciaires pour évaluer l'état de santé du salarié. Pendant la procédure, l'avis contesté reste applicable : ni l'une ni l'autre des parties ne peut en suspendre les effets unilatéralement. Ce délai de 15 jours est préfix : il ne se suspend ni ne se prolonge, sauf force majeure.

Un exemple parlant : un salarié du bâtiment déclaré apte avec restrictions, dont l'employeur ignore les préconisations du médecin du travail. Ce salarié peut saisir l'inspection du travail. Le médecin du travail peut lui-même mettre l'employeur en demeure par écrit. Si ce dernier persiste, il engage sa responsabilité en cas d'aggravation de l'état de santé.

En cas de licenciement pour inaptitude, pensez à vérifier vos droits à l'assurance chômage auprès de France Travail (ex Pôle emploi) : des droits spécifiques peuvent s'ouvrir dans cette situation.

Fiche pratique

Service compétent (Sarthe)SISTM – Service Interentreprises de Santé au Travail de la Sarthe et de la Mayenne, Le Mans
Obligation d'adhésionDès le 1er salarié (art. L. 4622-1 du Code du travail)
Sanction non-adhésionAmende jusqu'à 1 500 € par salarié non suivi (art. R. 4745-1 du Code du travail)
Délai VIP (visite d'information et de prévention)3 mois après la prise de poste (art. R. 4624-10 du Code du travail)
Délai SIR (suivi individuel renforcé)30 jours avant ou après la prise de poste (art. R. 4624-17 du Code du travail)
Délai visite de reprise8 jours après le retour du salarié (art. R. 4624-31 du Code du travail)
Délai déclaration accident du travail (employeur)48 heures (art. L. 441-2 du Code de la sécurité sociale)
Délai déclaration maladie professionnelle (salarié)15 jours à compter de la cessation du travail
Délai de recours contre avis médical15 jours devant le conseil de prud'hommes (art. L. 4624-7 du Code du travail)
Délai de reclassement ou licenciement après inaptitude1 mois (art. L. 1226-2 et L. 1226-10 du Code du travail)
Indemnité spéciale inaptitude professionnelleDouble de l'indemnité légale (art. L. 1226-14 du Code du travail)
Juridiction compétente (litiges)Conseil de prud'hommes du Mans
Inspection du travail SartheDREETS Pays de la Loire – Unité départementale de la Sarthe
CPAM SartheCaisse Primaire d'Assurance Maladie de la Sarthe, Le Mans
Contact signalement harcèlementInspection du travail Sarthe ou Défenseur des droits (defenseurdesdroits.fr)

Sources

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Consultez un avocat ou un professionnel du droit pour toute situation concrète.

Questions fréquentes

Comment contacter le service de santé au travail dans la Sarthe ?

Dans la Sarthe, le service de santé au travail interentreprises de référence est le SISTM (Service Interentreprises de Santé au Travail de la Sarthe et de la Mayenne), basé au Mans. L'adhésion est obligatoire dès le premier salarié : c'est l'article L. 4622-1 du Code du travail qui le prévoit. Les coordonnées sont disponibles sur le site officiel du SISTM ou via la Dreets Pays de la Loire.

Dans quel délai doit avoir lieu la visite médicale après une embauche dans la Sarthe ?

Pour la grande majorité des salariés, la visite d'information et de prévention (VIP) doit se tenir dans les 3 mois suivant la prise de poste (art. R. 4624-10 du Code du travail). Pour ceux qui relèvent du suivi individuel renforcé (SIR) : exposition à l'amiante, agents chimiques dangereux, etc. : ce délai tombe à 30 jours avant ou après la prise de poste effective (art. R. 4624-17 du Code du travail).

Que se passe-t-il si un salarié est déclaré inapte par le médecin du travail ?

L'employeur dispose d'un mois à compter de la déclaration d'inaptitude pour proposer un reclassement compatible avec les restrictions médicales, ou pour engager un licenciement (art. L. 1226-2 du Code du travail). Quand l'inaptitude est d'origine professionnelle, le salarié licencié a droit à une indemnité spéciale égale au double de l'indemnité légale (art. L. 1226-14 du Code du travail). Salarié comme employeur peuvent contester l'avis devant le conseil de prud'hommes : mais dans un délai de 15 jours seulement (art. L. 4624-7).

Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de prévention des risques psychosociaux ?

L'article L. 4121-1 du Code du travail impose à l'employeur une obligation générale de prévention des risques professionnels, risques psychosociaux inclus. Il doit les évaluer dans le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) et mettre en place des mesures adaptées. La Cour de cassation l'a confirmé dans un arrêt du 7 février 2024 (Cass. soc., n° 22-15.842) : la seule méconnaissance de cette obligation suffit à engager la responsabilité civile de l'employeur.

Comment déclarer un accident du travail en Sarthe ?

L'employeur doit déclarer tout accident du travail à la CPAM de la Sarthe dans les 48 heures suivant l'accident, dimanches et jours fériés non compris (art. L. 441-2 du Code de la sécurité sociale). Le salarié, de son côté, doit informer son employeur dans les 24 heures. La déclaration peut se faire en ligne via net-entreprises.fr ou par courrier recommandé.